Inexorablement

Le temps qui s'écoule l'éloigne de lui inexorablement. Ce temps, elle le déteste. Pourtant tout avait si bien commencé entre eux; Au début, c'était comme un jeu auquel on joue sans s'en rendre compte . Au début, elle acceptait les règles qui lui imposait sans broncher avec une sorte de béatitude qu'elle n'essayait même plus de dissimuler. Tant qu'elle put admettre de le voir une fois tout les deux mois, le jeu fut supportable. Elle prenait ce qu'il voulait bien lui donner et c'était tout. Rien ne les engageait l'un à l'autre, elle avait apprit à l'aimer avec modération.
Mais avec le temps, ces absences et ces silences commençaient à peser lourd. Elle acceptait de plus en plus mal le fait qu'il se joue d'elle lorsque le monde était trop dur avec lui et qu'il se vengeait. L'expérience du monde, de ce monde qui blesse et qui heurte, ils l'ont faite tous les deux. La douleur, ils la connaissent. Lui avait tellement eu le mal du monde, il s'est enfermé dans sa bulle pour en sortir que lorsqu'il pensait enfin qu'il était temps de lui donner signe de vie. L'éc½urement avait fini par gagner son c½ur, son âme et tout ce qui faisait qu'avant lui, elle n'était pas la même. Elle avait peur de lui, mais le vénérait comme on s'agenouille devant Dieu. Avant, il avait beau critiqué sa façon de se comporter, elle lui pardonnait toujours ses écarts, il avait le droit à l'erreur. Elle lui disait «tu reviens demain», et quand il ne venait pas, elle lui pardonnait. Elle frissonnait à chaque parole qu'il prononçait et ne prêtait pas attention au monde extérieur. A vrai dire, elle s'en fichait. C'était comme s'il l'avait enfermée et qu'il lui avait dit «tu ne bouges pas, jusqu'à ce que je sois guéri». Et maintenant, maintenant qu'elle n'était plus aussi docile, aussi compréhensive, il la haïssait. Le temps qui s'écoule est un tricheur, et elle le sait. Mais comment pouvait-elle faire face à l'ignorance et au mépris qu'il avait à son égard? Elle sait aussi qu'il a souffert mais ne peut plus l'admettre. Il se planque, il se cache du monde qui l'agresse, qui le hante. Mais un jour, a-t-il prêté attention à ses souffrances? S'est-il un jour demandé si elle pouvait être fragile? L'expérience du monde, elle aurait bien voulu le faire avec lui, mais maintenant, elle ne peut plus. Le temps dans le sablier s'est écoulé. Elle a laissé trop d'espace entre elle et lui. Et cette peur qui la hante est une peur qui s'insinue même dans ses cauchemars lorsqu'enfin elle arrive à fermer l'½il, la nuit. Cette peur est indescriptible, inexplicable. Elle ne sait pas quand elle a eu peur pour la première fois. Peut-être le jour où elle a osé lui écrire que son comportement ne lui convenait pas, et qu'il a mal réagi. Mais que pouvait-elle faire d'autre? Le laisser dans sa bulle et ne jamais lui dire que le jeu qu'ils avaient crée tous les deux n'en était pas un pour elle? Avant, il la blessait mais elle était consentante. Elle savait pertinemment que si elle n'acceptait pas les règles, elle le perdrait, et donc, la première fois qu'elle s'est opposée à lui, la peur est montée en elle comme un liquide froid qui glace les veines. Elle avait pourtant l'habitude de ce vide qu'il laissait à chaque fois qu'il partait, mais là, elle avait peur de l'abîme, du puits dans lequel elle était en train de tomber. Elle était lassée du jeu, mais ne pouvait pas se passer de lui.

Trois semaines sans voir le jour, trois semaines qu'elle attend une réponse, un geste. Elle construit du sens à partir du vide qu'est sa vie et la peur s'est transformée en monstre qui ronge sa peau mais ne la tuera pas, et c'est bien ça le pire. La souffrance, elle l'avait connu avant lui. Mais ce n'était pas la même. Trois semaines sans voir le jour, trois semaines où le temps file inexorablement.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 juin 2009 07:59

Dernier voyage

Je savais pertinemment ce qui allait m'arriver si jamais j'acceptais cette proposition. J'y suis allée peut-être par soumission. La peur montait dans mon ventre comme un monstre qui prenait possession de moi. Si j'avais pu marcher à reculons, je jure que je l'aurais fait.
Il pleuvait ce jour-là. J'avais détaché mes cheveux. Avec l'humidité, ils ondulaient .J'étais sure de lui plaire. Je suis arrivée trempée, mais ce n'était pas grave. Ce qui l'était plus c'est que je commençais à trembler, à bégayer, en demandant au secrétariat de la fac où se trouvait l'ampli A2. Il m'avait envoyé un mot en me disant Retrouve-moi en A2, l'amphi sera vide, on aura plus d'espace.
–Tournez à gauche et prenez l'ascenseur, me dit la secrétaire avec un grand sourire.
Prendre l'ascenseur, moi? Elle m'avait bien regardée? Claustrophobe comme je suis! jamais de la vie! Autant qu'elle le prenne avec moi, et puis comme ça, je ne serai pas seule quand j'entrerai dans cette pièce immense, avec lui dedans.
Je lui demandai donc si elle pouvait m'accompagner. Elle accepta, et je me retrouvai dans l'ascenseur avec une illustre inconnue au sourire forcé, qui n'avait aucune envie de m'aider à me sentir à l'aise.
.J'ai mal à l'estomac mais j'ai promis. Alors je monte. Il est là, dans cette vallée obscure, où tout était superficiel.. Et c'est le néant que j'ai sous mes pieds.
–Bonjour, me dit-il en s'approchant de moi.
Je tourne la tête pour éviter qu'il m'embrasse. J'ai pas envie. Pas envie qu'après ça, il n'y ait plus rien. Alors j'attends, comme si j'avais le pouvoir de dilater le temps, de le rendre extensible.
–Tu as deux minutes de retard.
–Je sais. Arrête, tu veux?
Il m'agresse et commence son travail de sape . Mais l'idée de ne plus pouvoir maîtriser aucune de mes émotions provoque chez moi une sorte de jouissance dont j'assume les conséquences.
–On a fait un T.P. de chimie, reprend-il avec un sourire presque narquois. Je suis fatigué. Je vais pas avoir mon semestre. De toute façon, ça sert à quoi?
Il continue de dominer l'échange, évitant les vraies conversations, celles qui blessent.
–Tu t'en es bien sorti? demandai-je?
Je ne l'avais toujours pas regardé dans les yeux.
–Si on veut. J'ai loupé que la première partie, le reste ça ira tout seul.
Il essaie de me prendre les mains. Je le repousse . Je sais que ça va dégénérer et qu'après, quand je vais devoir repartir, son absence et le silence qu'il y a quand il n'est pas là me blesseront sans me tuer. Mais il joue. Il a posé sa main sur mon genou. C'est trop tard. Je m'abandonne. Je deviens aussi noire, aussi sinistre que lui. J'ai l'impression d'être une autre personne.
Cette schizophrénie, je n'aime pas la ressentir. C'est lui qui m'entraîne vers le bas. C'est comme s'il me disait: Avec moi, t'es en enfer. Et plus je m'obstine à vouloir remonter vers la vie, plus il me tire.
Mais je suis légère et faible alors il en profite.
Trois heures passées avec lui sans un mot échangé, rien. .
En repartant, je pense à sa chair, que j'ai mutilée sans comprendre pourquoi je l'ai fait. À ses dents qui sont entrées dans ma peau sans qu'il y ait la moindre souffrance.
Une fois de plus, je me demande pourquoi j'aime lui être soumise puisque e souffre de cette emprise qu'il a sur moi. Je me dis que j'aimais plus je n'irai le voir mais je n'arrive pas a tenir ma résolution. J'ai besoin qu'il me tue pour être en vie.
Demain, quand il ne sera pas là, quand il me dira qu'il n'y a rien entre nous, je ferai semblant de ne pas avoir mal.
Mais j'écrirai cette journée qui n'en a été qu'une parmi d'autres. Je peux tout combler sauf le vide, ce vide qu'il crée.
J'écrirai pour qu'il n'y ait plus d'absence.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 juin 2009 07:55

Créateur de manqye

JOUR 1

Rien de particulier à dire, juste un vague sensation de déjà-vu, déjà connu. Et puis zut y a pas de mal à ça ! Je compte les semaines sur le calendrier. Ca fait deux mois. Après tout j'ai bien le droit non ?! C'est bien ce que je dis, déjà vu déjà connu sauf que là c'est autre chose, quoi ? Je n'en sais rien. Si jamais je m'en sors, il faudra que je lui dise merci quand même, parce qu'à cause de lui, ou grâce à lui, je compte les jours sur ce foutu calendrier. Punaise une odeur de grillé et mon ordi qui plante ! J'espère qu'il n'est pas mort sinon je suis foutu. Un signe de vie, allez redémarre tu vas pas me faire ça quoi ! Pas maintenant ! J'entoure un jour, on est le 6, c'est ça ? Oui le 6 Juillet. Je suis seule à la maison, ma mère travaille. Ma soeur est partie avec une copine, tant mieux je ne veux pas qu'elle lise. Mais qu'elle lise quoi ?! Il n'y a rien à lire. Rien à lire tant que cet ordinateur n'aura pas redémarré. Ah ça y est ! Merde il s'est déconnecté ! Tant pis, pas grave, je vais attendre, il va revenir.
Jour 1 rien d'intéressant à dire sauf que j'attends depuis 30 minutes et que ca commence à légèrement me taper sur le système nerveux. Je veux de l'eau, j'ai soif je transpire. Mince la bouteille est trop lourde, il faut que j'attende que quelqu'un rentre à la maison. Toujours attendre. S'ils savaient combien j'en ai marre d'attendre. Oui de toute manière ils sont tous pareils ! Pour bouger y a personne, et j'ai même pas de numéro de téléphone. Ca y est il se reconnecte ! Enfin ! J'oublie un peu l'autre, ou du moins j'essaie. Si seulement il savait comme c'est dur mais bon je fais avec. Deux mois, j'ai fait une croix sur le calendrier, youpi je suis toujours vivante. On y croit, on en veut, on est fort. Ca sent le roussi tout ça, il me demande ou je veux qu'on se voie. Alors je lui réponds que dans un lieu neutre ce serait pas plus mal, un lieu qui ne me rappelle aucun souvenir. Un lieu neutre quoi. Et puis il va pas se plaindre si j'accepte. La fac'. Quoi ! Il veut ? On se voit à la fac'. Il est pas fou non ! Et moi, qu'est ce que je veux la-dedans ?! Tout le monde s'en fiche. OK c'est bon... la fac'... je me déconnecte, pas envie de parler. Faut que je range quelques tiroirs dans ma tête, à demi entrouverts encore, et qui ne se refermeront sans doute jamais.

Jour 2

Bon décontracte-toi ! Souffle, sois attentive, lucide et vigilante ! Tu es fragile, tu as mal dormi, c'est un mâle en rut, il va te sauter dessus, il te l'a dit... Attends attends attends stop la !!! Y a un truc qui me gène dans l'histoire. Pourquoi j'ai accepté ca ? Je sais pas, hop pas le temps de discuter, même si je me fais la conversation toute seule, au moins je me contrarie pas. Je mets un pantacourt blanc, une mini jupe à carreaux, pétard quand j'y repense, la mini-jupe je devrais peut-être pas, y a un pantalon en dessous alors ça va... je prends le taxi, il pouvait pas être en retard ! J'ai mal à la tête, pire je sens que je vais m'évanouir. Cette nuit dans ma tête il y avait une lettre. Patate sautée, patate douce, putain j'aurai pas dû y aller ! Le seul truc remarquable la-dedans, c'est que ça commençait que par des P, génial... j'ai mal au ventre. Et si je continue je vais finir par exploser la manette de mon fauteuil. Je tourne je vire. Pas moyen que je puisse péter un coup, trop de monde autour... Et voilà... toujours patate qui revient dans ma tête, purée, putain, punaise et plus rien.

Jour 4

Ne me demandez pas ce que j'ai fait le jour 3, je suis incapable de m'en souvenir... Tout ce que je sais, c'est que là, maintenant à ce moment précis, je suis devant mon ordi et j'attends avec impatience une réponse de l'interlocuteur à l'autre bout du monde peut-être. Que lis-je ? J'essaie d'entendre, de mettre un son. J'ai pas envie de parler, pas envie d'écrire non plus. Allez vous faire foutre ! De toutes façons ça servirait à quoi que j'explique ce que je ressens ?! Deux mots : big bang.


Novembre

J'ai arrêté d'écrire, mon journal est foutu, entre les feuilles déchirées et les larmes qu'il y a dessus, HS, Kaput, hors service. Je sais je l'ai déjà dit mais c'est pas grave. Je me prépare comme tous les matins, je vais à la fac. Suis-je obligée de préciser que le jour d'avant, c'est à dire hier, le fantôme et moi étions dans un sous-sol, bref inutile. Bonheur la jauge est à -10. Besoin d'affection -40, sexualité allez je vais gentille, je vais dire 50, sur une jauge de 100 c'est pas mal déjà ! Ben ouais, après ce qu'il s'est passé hier... Le taxi arrive, je me casse.

Décembre

Je suis pas seule pour Noël. Ouf ! Je suis avec deux personnes que j'aime, enfin 3... Mouais on va dire deux et demi... J'ai mangé un kebab, fais péter le bouton de mon pantalon, au point qu'il en oublie de me fermer la braguette, pas grave. Y a que nous qui l'avons vu. Ca fait partie du fun. Avec lui tu peux rire. Pour un rien en plus ! Tu te sens bien et c'est pas prêt de s'arrêter, et si ca continue tu vas finir par te pincer pour vérifier que tu ne rêves pas. Tu envoies un texto ou deux au fantôme pour être tranquille. Pour savoir s'il n'a pas fait de bêtise en étant tout seul... Mais au fait, comment fait-on pour envoyer un SMS à un fantôme alors qu'il est déjà mort ? Je vous expliquerai ça plus tard.

Mai

Dernier cours de littérature comparée, je contemple la braguette du prof tandis qu'il nous prépare pour les partiels. Il nous parle de Butor, l'emploi du temps, livre que j'adore, que j'ai lu trois fois en l'espace d'un semestre. Y en a qui ne l'ont même pas lu, c'est pour te dire ! Pardon j'hésite toujours entre le tu et le vous, tu ne m'en voudras pas petit lecteur ? Butor utilise dans un roman une écriture lacunaire, ou il manque certains éléments qui sont sans doute la clé de l'intrigue. Ca te rappelle pas quelque chose ? Cette volonté de ne pas aller jusqu'au bout de ses idées, qu'il n'y ait pas de structure apparente, pas de fil conducteur visible, pas de chronologie à étapes. Ca s'appelle pourtant l'emploi du temps. Le prof me garde après le cours. Il a besoin de savoir pourquoi j'ai envie d'arrêter les Lettres. Et là, je ne sais pas comment, on en arrive à parler de la condition féminine dans la littérature et plus généralement dans notre société. Il faudra qu'il vienne assister à un des cours de Monsieur Filaire l'année prochaine, je m'en fous je le traînerai par la peau des fesses s'il faut, mais il viendra (je te parle toujours du fantôme). Holà faut que je m'arrête... pensées obscènes, ca peut devenir dangereux ça ! Distance de sécurité oblige, il ne s'assiera pas à côté de moi, c'est proscrit. Ah décidément Butor tu es maître pour nous perdre dans ton écriture labyrinthique, si seulement je pouvais faire pareil moi !

Juin

Punaise je recommence à sortir des mots avec des P dedans ! Ca doit être l'effet du manque. Je me connecte à Internet, le fantôme est pas très bavard, tant pis pour lui. Je lui parle de cette obsession des mots en P, il me répond «des mots en EX», rien à voir. Il ne peut pas comprendre de toutes façons... Celui que j'aime est parti, seulement je peux le dire à personne. L'autre avec ses mots en «EX» il commence à me gonfler sérieusement. Comme toutes ces fois où il a écrit des mots commençant par «A»... Abusé, absence, amour aussi, je m'étale.

C'est comme si la vie s'était arrêtée, comme s'il n'y avait plus de mois, plus de saisons, plus rien, du vide. Hier il a écrit, et demain il n'écrira plus. Il y a deux solutions. Soit il essaie de trouver un échappatoire, une passion qui lui permette de vivre, soit il se tue. Il a écrit hier, quelque chose qui ressemblait à manifeste de l'anti-drague sur fond vulgaire et déplacé. J'adore ! Je suis fan ! C'est pas lui tout ça, et j'ai beau l'expliquer aux gens qui m'entourent, ils ne le comprennent pas. Mais je crois, je suis convaincue même que si on lui donnait une chance de s'exprimer, je ne l'appellerai plus jamais Le fantôme. Sans doute un jour quelqu'un pourra m'expliquer pourquoi il agit de ce qu'il est profondément. Pourquoi il s'obstine à repousser les autres. Pourquoi il a installé chez moi cette sensation d'inachevé, comme de jamais finir mes phrases ni d'achever les textes que j'écris. Je suis amoureuse pourtant mais je cherche encore ce qui a pu un jour me pousser à accepter de le voir. Ce jour que j'ai soigneusement évité d'expliquer comme quoi la personne que l'on aime n'est peut-être pas celle qui nous fascine le plus. Non pas qu'on s'ennuie mais avec elle, on peut jouer, trouver des plaisirs simples, s'amuser, mais pas au sens péjoratif du terme. Non, trouver des vrais plaisirs, ceux qui ne font pas mal. La personne qui crée la fascination ne s'en rend pas compte. Souvent elle crée une relation de dépendance sans le vouloir. Il n'est pas un objet d'étude, pas une chose que je cherche à étudier. J'ai essayé de le comprendre, un jour, et puis le lendemain j'ai arrêté parce que c'est inutile. N'essayez pas de le comprendre et ne le jugez pas. Je ne prends pas sa défense, je dis juste que je suis pareil. Chaque mot que je prononce est fait d'un mépris de la vie absolument total, alors que j'avoue volontiers que cette même vie vaut d'être vécue, paradoxalement. Il y a parfois des êtres que l'on ne peut pas comprendre. On les aime, on en fait des dieux, on vit, on ne respire que par eux. Et puis lorsqu'on se rend compte, que toute manière, quoiqu'on fasse, et quoi qu'on leur dise, ils sont incapables de communiquer, on abandonne. Parce qu'on ne sera jamais assez fort pour assumer ce type de relation. Je me suis réveillée un matin en me demandant si je l'ai aimé. Et quand la réponse m'est apparue comme positive, j'ai d'abord pensé que c'était une erreur, mais après mûre réflexion, je suis arrivée à la conclusion que ce n'en etait pas une. J'ai essayé de lui dire pendant plusieurs semaines. Mais il est plus facile pour lui de se réfugier derrière un écran d'ordinateur plutôt que de venir me voir. Et puis avec le temps, le créateur de manque fonctionne de moins en moins. Je me suis rendue compte que je n'étais pas plus moche qu'une autre, pas plus bête et que cet amour que j'avais perdu puis retrouvé, à son contact, n'était peut-être pas celui auquel je tendais. Quant un homme vous aime, il vient vous voir, et son sourire illumine votre journée, c'est comme ça, vous ne pouvez rien contre. La simplicité avec laquelle il vous dit qu'il vous aime, avec laquelle il vous le prouve, c'est ça que j'attendais, que j'aurai voulu que le créateur de manque, comme j'ai pris l'habitude de l'appeler. Avec lui les relations ne sont jamais simples mais ne lui jetez pas la pierre, lui aussi il a souffert, et peut-être plus que n'importe qui d'entre vous qui lirez ce texte. Aujourd'hui je suis fière de dire que l'homme avec qui je partage de bons moments, mais aussi de moins bons, et c'est logique, est un mec génial. Le créateur de manque, quant à lui, a besoin qu'on lui dise qu'on l'aime, qu'on sera toujours là pour lui. Le problème étant de savoir s'il le croit ou non. Il cherche à calculer sa vie, à la rendre parfaite, droite, carrée, pour qu'aucun élément perturbateur ne vienne lui faire du mal. A l'abri des regards, il s'est construit une bulle dans laquelle personne d'autre que lui n'évolue. Pourtant j'aurai été fière de dire «moi je l'ai éclaté, j'ai éclaté ta bulle de carbone et j'en ai fait une bulle d'oxygène? J'ai pris tout le mal qui t'entoure et j'en ai fait de l'or». Voilà ce que j'aurai aimé dire et faire, et que je n'ai pas pu réaliser. Ne laissez jamais un créateur de manque manger votre peau et respirer votre air. Il faut arriver à équilibrer l'équation, à la rendre stable, ce que je n'ai pas su faire. Ce n'est pas du regret, juste cette sensation, ce goût amer de manque, d'inachevé.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 juin 2009 07:48

ajout à une liste d'amis

ajout à une liste d'amis
Petite dédicasse : je n'aurais jamais écrit cet article si ma soeur de coeur ne m'avait pas posé la question, à savoir "comment je percevais Facebook". C'est à elle que je dédicasse cet article et à Jade aussi, qui ce soir me sert de main (cette fois-ci, c'est ma vraie soeur).
Commençons :
Je n'avais pas Facebook jusqu'à cet été, jusqu'à ce que quelqu'un que j'aime énormément me dise de créer mon compte pour pouvoir communiquer sans avoir besoin de MSN. Alors, docilement je lui ai obéi. Il y a des jours où je déteste cette personne et des jours où je l'adore, mais peut-être est-ce dû à ces phrases inutiles que l'on inscrit pour remplir une case mais aussi pour remplir notre vie - ou en tout cas, notre journée. Ces phrases, on les appelle les "statuts", on peut en changer tant qu'on veut, il suffit de ne pas souffrir d'analphabétisme (et encore...). Grâce à la personne qui m'a incité à m'inscrire sur ce site, j'ai :
- Presque 100 amis dans ma liste.
- Au moins 50 personnes que j'ai accepté uniquement pour avoir des points cools, et pour me dire que j'étais populaire.
- 20 personnes que j'ignorerais si je les croisai dans la rue, même en les connaissant.

Parce que ça fait bien d'avoir beaucoup de personnes dans sa liste, parce que t'as l'impression de te créer une autre vie que ta petite existence minable, coincée entre ton ordinateur, la fac', et les points cools de Facebook (bien sûr). Parce que toi aussi quand tu vois quelqu'un inscrit dans un groupe qui te semble à peu près potable, tu t'y inscris. Parce que ça te permet d'écrire et d'écrire encore. Parce que ça permet aussi de garder un secret (mais aussi d'en divulguer tout en te plaquant derrière ton écran). Toi aussi, un jour, tu finiras par t'inscrire sur Facebook.
C'est vrai, je l'avoue, j'y suis devenue accro. La première chose que je fais quand je me lève le matin est de me connecter sur Facebook en espérant que mon ordinateur ne rame pas trop, pour pouvoir aller en cours rapidement. Facebook te permet :
- De te taper de gros délires avec ta meilleure amie.
- D'apprendre à un Américain à parler Français (c'est vachement valorisant, parce que là au moins, tu peux trouver du travail).
- De faire passer des messages subliminaux (je suis devenue experte en la matière).
- De régler ses comptes avec les personnes que tu n'aimes pas beaucoup.
- De faire des tests débiles qui sont sensés percer ta personnalité en 5 questions.
- Faire des fautes d'orthographe à chaque mot car tu perds l'habitude d'écrire
- Mettre des émoticones permettant aux autres de voir de quelle humeur tu es ce matin (et là aussi, tu peux faire passer des messages subliminaux).
- Envoyer des coeurs et des bouquets de fleurs aux personnes que tu aimes.
- Envoyer des mails (oui, j'avais presque oublié).

En réalité, Facebook ne te donne pas la possibilité d'avoir une vie sociale; il crée l'illusion d'en avoir une. Lorsqu'enfin tu as finis ta journée, et que tu décides d'aller te coucher, tu as encore la possibilité de te connecter sur ton téléphone portable. Ceci favorise les nuits blanches, surtout si tu as des problèmes de sommeil. Aujourd'hui, lorsqu'une nana ou un mec voudra sortir avec toi, il ne te demandera plus ton numéro, mais ton adresse Facebook; c'est tendance, c'est fun, et c'est gratuit (pour l'instant). Mais méfiance petit scarabée, lorsque tu auras perdu tous tes amis parce que tu auras écrit une phrase qui aura été mal interprétée car les gens ont le cerveau tellement sclérosé de nos jours qu'ils ne comprennent même plus « un sujet, un verbe, un complément », Facebook ne te serviras plus à rien. Que te restera-t-il, alors, pour lui écrire, pour essayer de lui faire comprendre qu'il est important pour toi? Que te restera-t-il, alors, pour rester en contact avec lui?

# Posté le dimanche 10 mai 2009 15:42

Clin D'oeil

Clin D'oeil
Voilà ma belle... je t'ai fais une promesse que j'ai tenu voici ton blog. Le blog de tes écritures. Maintenant à toi de continuer afin qu'il progresse en émotions. N'oublis pas ta promesse pour facebook. Maintenant tu as tous le nécessaires pour le continuer je te lais envoyer sur ton msn. BIGG KISS MA BELLE
Ta sista
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 10 mai 2009 12:14